Du sang contaminé par le SIDA en usage dans les hôpitaux grecs. Une adolescente de 17 ans transfusée porte plainte

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Temps durs pour Avramopoulos. Après deux ans de séjour glamour au ministère du Tourisme, il doit maintenant s'occuper des affres du ministère de la Santé : grippe du poulet, sang contaminé, petites enveloppes et dessous de table dans les hôpitaux…

La justice a été saisie à Thessalonique dans le cadre d'une affaire concernant la contamination par le virus du SIDA d'une adolescente de 17 ans, après une transfusion sanguine. Un homme de 76 ans, souffrant de troubles cardiaques et transfusé avec le même lot de produits sanguins, a également été contaminé. En cause, le test de dépistage utilisé et une loi qui six mois après son vote par le Parlement n'est toujours pas appliquée.

Le directeur de l'hôpital Hippocrateio de Thessalonique, Leonidas Papagiannis, dans lequel a eu lieu la transfusion, a expliqué que la contamination de la patiente, qui souffre d'anémie méditerranéenne, est due à la méthode de contrôle des dons de sang en vigueur dans les hôpitaux qui ne permet de déceler la séropositivité du donneur que si elle date d'au moins 20 jours, à la différence du test de dépistage VIH/NAT qui ramène ce délai à 5 jours. Sauf que la loi qui prévoit l'utilisation du nouveau test dans les hôpitaux a été votée par le Parlement en septembre 2005 et que -six mois plus tard- seuls huit centres en sont équipés.

Le ministre de la Santé et de la Solidarité sociale, Dimitris Avramopoulos, qui a été informé dès le 23 mars, a envoyé immédiatement une circulaire étendant à tous les hôpitaux ce nouveau test de dépistage.

Interrogé mardi sur cette affaire lors de son point de presse quotidien, le porte-parole du gouvernement, Théodoros Roussopoulos, a renvoyé aux déclarations du ministre de la Santé, précisant d'autre part que le gouvernement a pris des mesures pour l'adoption du nouveau test de dépistage dans tous les hôpitaux.

Il reste que, selon les informations données par le ministre de la Santé lui-même, seuls 8 centres de collecte de sang sur les 14 existants dans le pays sont déjà équipés du nouveau test de dépistage VIH/NAT. M. Avramopoulos a indiqué que les 6 autres en seront pourvus dans moins de deux mois, dont l'hôpital où a eu lieu la contamination. Ce qui est étonnant, c'est le coût avancé de cette mesure estimée à 30 millions d'euros, soit un peu moins de 2 millions par centre, juste pour un changement de test ! Pour le reste, tant pis pour les malades contaminés, M. Avramopoulos a annoncé que les deux patients seront pleinement pris en charge sur le plan sanitaire et… moral par le ministère de la Santé ! Heureusement, sinon ils auraient été de leur poche !

i-GR/ANA

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