La Turquie se félicite des assurances pour sa pleine adhésion à l'UE. Son armée s'offre une fête au-dessus de l'Egée grecque.

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Le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gül, dès la clôture de la première réunion officielle de la conférence intergouvernementale pour l'ouverture des concertations d'adhésion de la Turquie à l'UE, a évoqué d'emblée l'amélioration des relations greco-turques, ainsi que la question chypriote demandant une nouvelle fois la division de l'île. En même temps, l'aviation militaire turque s'offrait une des habituelles démonstrations de force sur le ciel de l'Egée, procédant à violations massives de l'espace aérien grec au dessus des îles de Chios, Lesvos et du Dodécanèse.

Plus particulièrement, en ce qui concerne les relations greco-turques, M. Gül a qualifié de "positive" l'attitude de la Turquie vis-à-vis de la Grèce, tout en soulignant que les relations bilatérales s'améliorent sans cesse, rappelant à cet effet que lui-même et le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ont visité la Grèce et exprimé l'espoir que le Premier ministre grec, Costas Caramanlis, se rendra lui aussi très prochainement en Turquie.

Pendant ce temps sur le ciel de la mer Egée et dans le cadre d'exercices de l'armée turque opportunément programmées, pas moins de 36 avions militaires turcs, presque tous armés ont pénétré sans autorisations dans l'espace aérien grec. Parmi eux certains étaient équipés de matériel photographique qu'ils ont mit à profit pour prendre des clichés des installations grecques, une démarche caractérisé comme hostile dans le code des opérations militaires.

Au chapitre de la question chypriote, M. Gül a indiqué que la position de la Turquie est connue et inaltérable, soutenant la position connue de la Turquie quant à "deux réalités séparées" à Chypre et exprimé l'espoir qu'une solution globale soit trouvée dans le cadre de l'ONU au sujet de la question chypriote. Il a souligné à ce sujet que la Turquie, la Grèce et Chypre doivent présenter le meilleur exemple de coopération en Méditerranée. En ce qui concerne les efforts de règlement de la question chypriote, M. Gül a souligné qu'Ankara ainsi que les Turco-chypriotes ont déjà rempli leur devoir et exprimé l'espoir que les efforts se poursuivront pour l'obtention d'un règlement global et viable.


Le ministre des Affaires étrangères britannique Jack Straw montre le chemin à son valet et homologue turc, Abdullah Gül

Passant au chapitre de la marche d'adhésion de la Turquie à l'UE, M. Gül a affirmé la ferme volonté de son pays de remplir toutes les conditions qui ont été posées pour son adhésion a l'UE, tout en exprimant parallèlement sa satisfaction au sujet de la décision prise lundi soir par l'UE qui détermine clairement que l'objectif de ces négociations est l'adhésion de la Turquie à l'UE sans autre alternative.

Enfin, de son côté, le président en exercice du Conseil, le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, a fait part de sa satisfaction au sujet de la décision d'engager les concertations d'adhésion avec la Turquie, soulignant qu'il s'agit d'un moment historique et d'une nouvelle période dans les relations euro-turques qui sera basée sur la solidarité mutuelle entre les deux parties.

L'opposition critique à Athènes

Commentant l'ouverture des concertations d'adhésion de la Turquie à l'UE, le président du PASOK, Giorgos Papandréou, a critiqué la tactique gouvernementale dans son discours mardi à l'intention du groupe parlementaire du parti, soulignant que "la voix de la Grèce était presque inexistante au cours des concertations des derniers mois quant à l'évolution du pays voisin au cours des 10 prochaines années".

Pour sa part, le KKE (communiste) a critiqué l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE sans qu'ait été reconnue par Ankara la République de Chypre, dans un communiqué diffusé mardi. Selon le KKE, tous les partis politiques portent la lourde responsabilité d'avoir fait une propagande, selon laquelle l'UE a des principes et valeurs démocratiques.

"Les événements montrent que les soi-disant principes de l'UE sont un mythe. La question de Chypre a été utilisée pour mettre en avant des intérêts et ambitions", écrit encore le KKE, se disant certain que "l'UE ne protège pas la République de Chypre du risque de la division de l'île que promeut le plan Annan".

i-GR/ANA

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