Découverte

Kea la sauvage

Une île aussi paisible que sauvage au Nord des Cyclades
Vue sur le golfe d'Otzias
Vue sur le golfe d'Otzias

L'île la plus au Nord des Cyclades est une sorte de paradis sauvage à peine connu des touristes étrangers. Lorsque vous débarquerez à Korissia, le port de Kea, vous réaliserez à quelque point on est loin de l'ambiance survoltée de Mykonos, Ios ou Santorin. Si vous recherchez des vacances paisibles, loin de la foule, il n'y a aucun doute, Kea vous séduira. Toute proche du continent, elle attire principalement des Grecs et surtout des Athéniens, plus ou moins célèbres, qui y ont construit d'élégantes villas et de grands moulins de pierre.

Korissia (Livadi)

Jetée du port à Korissia
Jetée du port à Korissia

Le principal port de l'île s'étend le long de la mer. Il est considéré comme l'un des ports naturels les plus sûrs de la Méditerranée. Appelé aussi Livadi et bâti sur l'emplacement de l'antique Korissia qui fut avec Ioulis, Karthaia et Poiessa l'une des quatre cités indépendantes de l'île dans l'Antiquité. Sur les collines environnantes se dressent les ruines d'un mur d'enceinte archaïque et au sommet du côté sud, près d'une petite chapelle, les restes d'un temple consacré à Apollon dont l'état très fragmentaire de conservation ne justifie pas vraiment l'ascension. Toutefois le point de vue dont on jouit mérite quant à lui l'effort. En 1930, un magnifique kouros (statue archaïque grecque représentant un jeune homme nu) de grande taille fut découvert à la base de la colline d'Aghia Triada. Aujourd'hui il est exposé au musée archéologique d'Athènes.

Le port de Kea se distingue par ses maisons aux toits de tuiles rouges. Refuge favori des pirates menacés par la mer, toujours houleuse du Cavo Doro, pendant la domination turque, Kea fut habitée dès 1922 par des réfugiés venant d'Asie Mineure.

Ioulis (Hora)

Ioulis, le chef-lieu de Kea, a conservé intact son caractère cycladique. Construit en amphithéâtre sur l'emplacement de l'ancienne Ioulis, ce petit village séduira sans aucun doute le visiteur avec ses maisons à deux étages aux volets orangés et coiffées de toits de tuiles incurvées, ses ruelles pavées et ses innombrables églises aux magnifiques iconoclastes en bois sculpté. Au plus haut point de vue de Hora, où se dressait autrefois l'acropole, se trouve le quartier de "kastro" d'où l'on a une vue imprenable sur les îles face à l'Attique. C'était l'emplacement de la citadelle vénitienne dont rien de significatif n'a subsisté outre le nom de piatsa donnée à la place du quartier.

Ioulida ou Chora, la capitale de Kea
Ioulida ou Chora, la capitale de Kea

Le musée archéologique, qui se trouve à droite à 20 mètres en entrant dans le village, renferme quelques objets intéressants de l'époque cycladique. Il est divisé en deux parties (cités antiques et collections préhistoriques) qui se répartissent sur les deux étages.

Dans les environs, on observe le lion de Kea, figure emblématique de l'île, sculpté dans la roche au Vème siècle avant Jésus Christ. Large de 3 mètres et long de neuf, ce lion monumental semble veiller sur la ville. Une première légende prétend qu'au temps où les Dieux régnaient sur la terre, les nymphes s'étaient établies à Kéa pour profiter de ses sources et de ses forêts de chênes. Mais un jour, un lion s'empara de l'île et les nymphes, effrayées, s'enfuirent sur les rivages de l'île d'Eubée. Ce fut une période de désolation sur l'île puisque les sources se tarirent et la sécheresse s'installa. Les habitants prièrent alors le fils d'Apollon, Aristée, de leur venir en aide. Celui-ci se rendit sur l'île et érigea un autel dédié à Zeus Ikmaios, dispensateur des pluies qui touché envoya l'eau salvatrice qui sauva Kéa de la sécheresse.

Le lyon de Kea
Le lyon de Kea

Le second mythe lui conte que jadis les habitants d'Ioulis abandonnèrent leur village car les nymphes qui vivaient dans la montagne tuaient leurs femmes. Un prêtre implora alors l'aide du roi des Dieux, Zeus, qui envoya un lion afin de chasser les nymphes. Les habitants décidèrent alors de tailler une reproduction de l'animal dans la roche afin que les nymphes, apeurées, ne reviennent jamais. Pour vous rendre au site du Lion, il faut emprunter à pied un des petits sentiers qui part du village et descend vers le cimetière pendant 1,5 kilomètres.

Une des nombreuses chapelles qui rythment le paysage de Kea.
Une des nombreuses chapelles qui rythment le paysage de Kea.

Adresses utiles à Kea

  • L'agence des ferries se trouve sur le port de Korissia et ouvre environ 20 minutes avant le départ d'un bateau pour vendre les billets.
  • Autorité du Port de Kea:
    (+30) 22880-21344
  • Mairie de Kea :
    (+30) 2288-360000
  • Police touristique :
    (+30) 22880-21500
Chapelle d'Aghia Marina
Chapelle d'Aghia Marina

Escapades dans l'île

Kea est parsemée de chapelles, de moulins et de monastères dont le plus important est celui de la sainte patronne de l'île, Panaghia Kastriani situé à 12 km de Korissia et à 8km d'Ioulis. Selon la tradition locale, des bergers auraient découvert en 1700 une icône de la Vierge sur la colline de Kastri et décidèrent de bâtirent à l'emplacement de cette découverte un monastère pour abriter cette icône que l'on dit miraculeuse. Le résultat est d'une surprenant beauté avec ses deux églises bleues et blanches qui se dressent su la falaise. La première église fut construite en 1708 et abrite l'icône de la Madone alors que la seconde chapelle, construite en 1910, renferme des tableaux du Christ et des icônes.

La sécheresse de Makronissos faisait partie des supplices auxquels étaient soumis les prisonniers politiques.
La sécheresse de Makronissos faisait partie des supplices auxquels étaient soumis les prisonniers politiques.

Passez également dans le port de plaisance de Koundouros dans le sud de l'île où avec un bateau, vous pourrez visiter les vestiges de l'antique Karthaia. Au loin se dessinent les deux îlots maudits, Makronissos et Yaros qui servirent à plusieurs reprises de lieu d'internement des prisonniers politiques pendant la guerre civile et le régime des colonels.

Par Carole Schnitzler
La Tribune Hellénique
La Tribune Hellénique
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Ioulida ou Chora, la capitale de Kea
Vue sur le golfe d'Otzias
Jetée du port à Korissia
Une des nombreuses chapelles qui rythment le paysage de Kea.
Le lyon de Kea
Chapelle d'Aghia Marina
La sécheresse de Makronissos faisait partie des supplices auxquels étaient soumis les prisonniers politiques.
L'île de Kea sur la carte

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