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Au cœur de la mer Egée

Sifnos, condensé cycladique

Sifnos, condensé cycladique

A 75 miles du Pirée, soit 4 heures de ferry, Sifnos reste accessible même pour y passer un week-end. Mais on l'appréciera autrement, si on se laisse imprégner par sa sérénité, si on prend son temps d'être attentif à la gentillesse de ses habitants, si on marche jusqu'aux sommets de ses collines où veillent ses monastères. On peut aussi s'aventurer dans sa campagne où dans chaque champ trône une chapelle ou s'asseoir dans une de ses tables pour goûter les savoureuses spécialités locales. Quant aux plages, si le choix ne manque pas, il en restera que vous ne découvrirez qu'en caïque ou après une petite marche. Elle est ainsi Sifnos, l'île des potiers, avec ses 74 km2 et ses 2.000 habitants

A l'arrivée par le ferry, vous débarquez au bout du quai de la bourgade de Camares. Si vous n'avez rien prévu pour votre hébergement, à l'entrée de la ville, sur votre droite en venant du port, une halte à l'Office Municipal du Tourisme serait d'une grande utilité : vous y trouverez la liste des hébergements disponibles et en plus on téléphonera pour vous aux habitants qui en proposent ! Vous êtes prêts alors d'aller poser vos valises, mais vous ne ferez que les poser parce que la traversée du bourg vous donnera l'envie de sortir aussitôt. En longeant les cafés et les tavernes alignées entre la rue principale et le bord de mer, vous ne penserez qu'à venir chercher une table de libre et participer à votre tour à cette animation mesurée, de "juste ce qu'il faut" pour réaliser que vous êtes en vacances sans pour autant vous mettre dans le stress de rentabiliser votre temps. Ici, le calme qui règne semble éternel. Pourtant les terrasses sont pleines, les va-et-vient dans la rue incessants. Mais, pour une fois, la foule ne vous sera pas pesante mais apaisante. C'est tout le mystère de Sifnos.

La bonne humeur est de mise, l'accueil des commerçants ne sort pas des plaquettes publicitaires mais du cœur ; la gentillesse des habitants a contaminé les visiteurs qui, du coup, ont jeté en mer leur habituelle frime estivale.

Avec le lever du jour, les premiers baigneurs ont déjà installé leurs serviettes sur la plage qui sépare le bourg du nouveau quartier d'Aghia Marina. Au-dessus de la petite église du même nom qui se trouve au bout de la plage, les monastères de Prophitis Ilias et de Aghios Symeon surveillent du haut de leurs collines respectives les allées et venues des bateaux. Des églises ici vous en verrez.

Entre temps, renseignements pris, vous avez localisé l'arrêt du car qui vous amènera vers l'intérieur de l'île. En vous dirigeant vers Appolonia vous ne risquez pas de manquer le fameux "clocher", le kampanario, un portail en pierre, restes d'un vieux château. Tout le monde dans le car - à part peut-être les locaux – sera en train de le chercher pendant que le car enchaîne les virages en remontant la colline.

Sifnos ne perd rien à être visitée au printemps. Ici Appolonia verdoyante.

Appolonia se trouve au centre de l'île et elle en est sa capitale économique et administrative. Ici vous trouverez tous les commerces dont le touriste moderne ne peut se passer: banque, pharmacie, poste, supermarché, office du tourisme, pompe à essence. Vous voilà rassuré. Ici se croisent les routes est-ouest et nord-sud de l'île. Mais avant de choisir votre nouvelle route, vous prendrez un peu de votre temps pour vous promener dans les ruelles de la ville, sans quoi vous ne vous sentirez pas dans les Cyclades. Maisons basses, cours et courettes, marches et escaliers blanchis à la chaux, fenêtres et portails peints en bleu ou en vert vous conduiront dans une des trois collines sur lesquelles la ville est bâtie en forme d'amphithéâtre pour laisser votre regard embrasser la vue panoramique sur l'île et scruter l'horizon où le ciel et la mer se joignent dans un bleu profond.

Justement, de la grande bleu, il est temps de vous en rapprocher. A l'extérieur d'Appolonia, au niveau du lotissement de Katavati, vous avez le choix des directions. Nous vous conseillons de laisser Kastro, à l'Est, pour l'heure de l'apéro du soir sur fond de coucher de soleil et de partir pour le moment en direction de, au choix, Vathi ou Platis Gialos, dans le sud.

Il y a quelques années, on ne pouvait aller à Vathi qu'à pieds. Aujourd'hui une route goudronnée rend plus accessible le hameau en voiture, de même qu'un bassin permet l'approche des bateaux. Idéal pour une après-midi au calme et pour visiter les poteries artisanales qui ont fait la réputation de l'île.

Autres sites de l'île

Artemonas
A 2 km au nord d'Appolonia. Vue panoramique de Camares jusqu'à Kastro et sur les îles avoisinantes garantie. C'est à partir de là que vous élaborerez votre programme de visites en fonction de l'inspiration procurée par ce que vous voyez. La ville elle-même est un véritable joyau avec ses maisons de maître au style néo-classique et les cours fleuries. Vue sur les moulins qui survivent encore sur la crête des collines.

Herronisos
Au nord de l'île. Village de pêcheurs, mais connu aussi pour ses poteries. Il y a encore peu on ne pouvait y accéder que par la mer. Une route asphaltée est en voie de construction. Une occasion d'aller à la rencontre de la face agricole de l'île en vous arrêtant aux hameaux de Troullaki et de Diavrouha.

Faros
Au sud-est de l'île. Port de l'île jusqu'en 1883 d'où partaient les cargaisons de minerais, on extrayait même de l'or ici. Aujourd'hui, village de pêcheurs appréciable pour son calme et ses plages de sable comme Fasolou, Faro et Glyfo. Au bout du port, un îlot rocheux sur lequel se trouve Panaghia de Hrisopigi (Notre-Dame de la Source d'Or), la patronne de l'île.

Plus grand, plus cosmopolite, Platis Gialos était aussi une capitale de la poterie, mais aujourd'hui c'est davantage la vitrine que le lieu de production. On y sera servi par une grande plage de sable fin et des nombreuses tavernes les pieds dans l'eau. Un hôtel de niveau international et un camping complètent une offre touristique plus abordable auprès des pensions ou chez l'habitant. Les plus courageux grimperont jusqu'au sommet de la colline où se trouve le vieux monastère de Panaghia tou Vounou (Notre Dame de la Montagne) construit en 1813. Ils seront récompensés par la vue panoramique sur la rade à l'entrée de laquelle se trouve l'îlot inhabité de Kypriani avec dessus l'église de Panaghia Kypriani.

Des églises vous en avez vu en descendant vers Platis Gialos et vous en verrez encore en allant vers Kastro. Dans chaque champ, les familles se font un honneur d'élever une chapelle à leur Saint préféré. Malgré l'émigration des habitants des l'île en dehors de la saison touristique, elles sont mieux entretenues que les moulins dont il ne reste que quelques alignements perceptibles de la route.

Si vous cherchez la particularité, ce que vous n'avez encore rien vu. A Kastro vous n'aurez que ce que vous avez déjà vu. Mais si vous êtes déjà lâché du spectacle des terres arides brûlées par le soleil, des maisons blanches sur fond bleu, que ce soit le ciel ou la mer, des escaliers tortueux, des vues plongeantes sur la mer et les petites criques de sable fin et d'eaux limpides, de placettes ombragées où on vous servira une granita glacée, c'est que vous vous êtes trompés de destination. Car à Kastro vous avez un concerté des Cyclades. Sinon, entrez par les lozies, les anciennes arcades qui se fermaient quand il fallait se protéger des invasions, faites le tour du village en pensant que vous êtes sur un des "cités" qui a été habitée sans discontinuité depuis Hérodote, puis posez-vous sur l'unique café, en fait un bar "branché", pour commander un jus de fruits frais en attendant le coucher du soleil et… le bus du retour.

Infos pratiques
  • Aéroport le plus proche: îles de Paros et de Milos, hélicodrome à Exambella pour les urgences.
  • Liaisons par ferry tous les jours avec le Pirée pendant l'été, fréquence variable le reste de l'année. L'île est également reliée par ferry avec ses voisines, Paros, Naxos, Mykonos, Tinos, Syros, etc.
  • Liaison régulière par car entre les 12 villages de l'île durant l'été, fréquence variable les autres saisons.
  • Possibilité de louer un taxi, des voitures et des motos dans les villes de Camares et d'Appolonia.
  • Ravitaillement des bateaux à Camares et à Faros.
  • Capitainerie de Camares, tél. : ++30 284 033617
  • Capitaninerie Centrale du Pirée, tél. : ++30 10 4246000
  • Mairie, tél. : ++30 284 031345

Shopping : difficile d'échapper à la potérie-souvenir, mais en cherchant bien vous trouverez certainement une à vos goûts, sinon miel, fromages locaux, pâtisserie aux amendes
A goûter : boulettes aux poids-chiches (revithokeftedes), fromages locaux (manoura, myzithra), feuilles de vigne aux oignons, et gâteaux secs (amygdalota, mpoureki, pasteli, etc). Des nombreux restaurants essaient de perpétuer la tradition de Tselementès et de Markou, deux grands chefs cuisiniers. En vous renseignant sur place vous arriverez à distinguer ceux qui vous proposeront une table digne de leurs maîtres de ceux qui surfent sur la réputation.

Fêtes locales:

  • Ascension, Notre Dame de Hrisopigi (fêtes mobiles en mai et juin)
  • 19 juillet, Prophète Elie
  • 2 septembre, Saint Siméon
  • 6 septembre à Vathi, Taxiarhis (archanges Michael et Gabriel)
  • 14 septembre à Faros, Stavrou (de la Sainte-Croix)
  • 15 septembre à Selladi, Saint Nikitas

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