![]() iNFO-GRECEL'actualité de la Grèce et de Chypre Nikos Aliagas : être grec, c'est penser grecLire la première partie de notre article : Nikos Aliagas porte le flambeau de TF1
Le décor a changé, pas de spots, plus de paillettes. Par contre, des caisses de matos empilées, les secrétaires ont remplacé les maquilleuses. Il est midi, le livreur vient apporter les pizzas. Un technicien garde un œil distrait sur les moniteurs qui diffusent les scènes de la vie des futures stars en direct du château de Star Academy, probablement pour monter le fil de la journée pour le direct de 18h20. Avant qu'on n'aille s'enfermer dans le bureau, Nikos salue au passage l'équipe et, aussitôt après, il s'enquière du score de l'émission de la veille. Les nouvelles sont bonnes, l'audimètre est à la hausse, soulagement. "Vous savez, ce n'est pas seulement la course à l'audimat. Il y a tellement d'enjeux, d'intérêts, des gens qui vous attendent au tournant, que vous ne pouvez pas soupçonner la pression".
"Méfie-toi de ceux qui ne chantent pas à table"
"Grec ?", le taquine-t-on, "mais il n'y a pas un soupçon d'accent !". "Effectivement, j'ai appris le français en France, puisque je suis né ici", nous répond-il, "le grec aussi", complète-t-il aussitôt. Une langue grecque qu'il parle aussi sans la moindre trace d'accent français. "Je m'en sers tous les jours", précise Nikos, "et d'abord pour les gros mots, ici, tous les jours. J'insulte beaucoup et toujours en grec". Derrière l'homme tranquille se cacherait donc un homme anxieux. "Mais, c'est pour rigoler", nous rassure-t-il. On veut bien le croire, personne dans l'entourage ne se vexe ; au contraire, on s'amuse beaucoup avec les "politesses" grecques de Nikos. Ses collaborateurs seront à jour pour les vacances d'été. "Quand je suis en colère, je sors plein de gros mots ou alors je mets de la musique. J'écoute de tout. Du jazz au classique, du Clapton et du BB King, et bien sûr de la musique grecque". "Méfie-toi de ceux qui ne chantent pas à table", écrivait Nikos dans un article, il y a quelques années, dans la revue Historia Découvertes. C'est une phrase apprise par son grand-père Spyros. C'est sa façon d'être grec. "Etre grec, c'est penser grec", titrait alors l'article. Parce que, si Nikos est né, et a toujours habité, en France, il ne se sent pas moins grec. Sur les murs de son bureau, les photos des "seize" de Star Academy, ses compagnons du moment, mais aussi des photos de la Grèce et "Karaghiozis médécin", couverture d'une édition populaire du héros du théâtre d'ombres grec. "Mon identité intime est grecque, mais mon apprentissage de la vie passe par la France. On peut être grec partout. Surtout dans un pays comme la France. Tu as le même accès que les autres à la culture française et en plus tu peux garder ta culture. C'est formidable".
Très proche des communautés
"Avec Union Libre, c'était la première fois que j'assumais ma grécité à l'antenne", nous confia Nikos. Mais, cette grécité, même épanouie, même reconnue, ne cesse de le hanter. "Je suis lié aux communautés, je me sens très proche, même si je n'ai pas le temps de m'y investir. Je me sens très proche de toutes les communautés, pas seulement grecques. Je participe aux fêtes espagnoles… Les communautés m'intéressent. C'est là qu'on vit. Les salons où on refait le monde au caviar et au champagne, ce n'est pas mon affaire". En effet, quelle surprise ! Il était presque minuit quand, samedi soir, nous avions quitté les plateaux de Star Academy. Le lendemain matin, dimanche, jour de fête nationale pour les grecs. Un 28 octobre 1940 ils opposaient un "non" ferme à l'ultimatum de Mussolini. Cela se célèbre avec fêtes communautaires, à commencer par la messe du matin. A la cathédrale orthodoxe de Saint Etienne à Paris, dans la file des fidèles, Nikos attend, anonyme, son tour pour recevoir de main du métropolite Jéremie l'antidoron, le pain bénit. Après la messe, quelques personnes le reconnaissent et, autre surprise, lui tendent une publicité d'iNFO-GRECE pour signer un autographe "pour nos enfants". Explications : "j'ai été élevé par l'église. Ce sont les curés, oi papades, qui m'ont appris le grec. J'ai été pendant plusieurs années pensionnaire de l'école de Chatenay Malabry [école franco-grecque gérée par l'église orthodoxe en banlieue parisienne]. C'était syrtaki au réveil, moussaka le soir !". On reconnaît là le meraki (intraduisible) de bien de popes grecs. Etre soi-même
Il le répète sans cesse à ses "élèves" de Star Academy. "Soyez vous-mêmes, rester-soi-même". A tel point que cela finit par agacer certains journalistes en mal de comparaisons avec Loft Story, l'émission de real tv qui avait précédé Star Academy sur M6. "Ultime mimétisme", estimait ce journaliste du VSD, faisant le rapprochement avec un des candidats de Loft Story. Il suffirait pourtant de discuter une minute avec Nikos pour dissiper tout doute de la sincérité du propos. Rien à voir avec une technique d'animateur. "Star Academy est un jeu qui a ses règles. S'ils [les candidats] ne jouent pas franchement, ils vont perdre. Moi, je veux qu'ils gagnent, qu'ils soient récompensés de leur risque. S'ils trichent, ils sentent faux ; c'est un show, ça va se voir. On doit être soi même. La télé est une loupe. Etre soi même, c'est être à sa place, être honnête". Voilà le défi de Nikos dans Star Academy. Etre honnête dans un jeu soupçonné de perversité. "Etre filmé 24 heures sur 24 n'est pas éthiquement facile à définir. Les règles par contre sont définies. Si la télé ne tire pas sur les ficelles, on peut faire une bonne émission, acceptable et distrayante. C'est à nous de la faire, ce n'est pas sans risque". N'est-il pas contradictoire de prétendre révéler des futures stars en les filmant sous tous les angles alors même que le propre d'une star c'est d'être entourée de mystère ? "C'est faux", répond Nikos, "aujourd'hui, on sait tout des stars. Le mystère arrive après la starification. Ce que nous faisons avec Star Academy, nous les mettons à l'antenne et nous les faisons connaître. Après, c'est à eux de jouer".
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