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Le
6 avril 1891, la Société suisse de bienfaisance Athènes-Pirée
était fondée. Parmi les soixante-quatre membres fondateurs
figuraient des noms tels que Baumann, Gilliéron, Martin, Schneider,
Zwahlen et beaucoup d’autres, dont les familles sont toujours installées
en Grèce.
En
1950, la Société suisse de bienfaisance Athènes-Pirée
a fusionné avec le Groupe Athénien de la Nouvelle Société
Helvétique (NSH) fondé en 1919.
Constantin
Kokkinos
Constantin
Kokkinos est le président actuel de la Nouvelle Société
Helvétique – Groupe Athénien (NSH). Cet avocat d’origine
grecque est marié avec Elisabeth, une Zurichoise. Avant de partager
son emploi du temps entre Zurich et Athènes, M. Kokkinos a longuement
séjourné aux Etats Unis. Dans l’entretien accordé
à La Tribune hellénique, il dresse un tableau de
la communauté suisse en Grèce.
La
Tribune hellénique: Combien de Suisses vivent-ils en Grèce?
Constantin
Kokkinos: Il y a environ 2000 Suisses en Grèce dont plus de
la moitié réside dans la capitale. Tous les Suisses cependant
ne sont pas immatriculés à leur consulat. Ceux-là
notamment qui viennent ici pour peu de temps n’apparaissent pas sur
les registres.
LTH:
Quels Suisses choisissent de venir en Grèce?
C.K:
Il y a un bon nombre d’expatriés qui travaillent ici pour
des sociétés suisses notamment dans l’agroalimentaire,
la banque et les assurances. Il y a des artistes qui sont venus, inspirés
par l’histoire grecque, les monuments, le soleil, le ciel bleu et
les rivages clairs. Il y a ici surtout des Suissesses qui se sont mariés
avec des Grecs. L’inverse est vrai aussi mais c’est beaucoup
moins fréquent. Je pense que cette constatation s’applique
également aux autres nationalités: une majorité de
femmes étrangères viennent en Grèce suite à
un mariage.
LTH:
Qui sont les plus nombreux, les Suisses allemands ou les Romans?
C.K:
En Suisse, les Suisses allemands sont largement majoritaires. Ce n’est
pas le cas en Grèce où la communauté suisse et notre
association comptent une importante présence sinon une majorité
de Suisses romands. Les Romands se sont manifestés très
tôt en Grèce, notamment par le biais de la Croix Rouge.
LTH:
Comment la Nouvelle Société Helvétique a-t-elle été
créée?
C.K:
Au XIXème siècle déjà, les Suisses –à
l’époque essentiellement des archéologues et des membres
d’organisations philanthropiques– se réunissaient entre
eux à Athènes et participaient à des activités
sociales communes. La représentation diplomatique suisse de l’époque
a alors activement appuyé la formation officielle d’une association.
En 1946, elle est allée plus loin encore en achetant une maison,
rue Skaramanga, connue sous le nom de foyer suisse et destinée
à devenir le principal lieu de réunion des Suisses à
Athènes.
L’association
n’a jamais eu vocation d’être un groupe d’amis de
la Suisse. Il existe aussi des organisations qui poursuivent cet objectif
et qui visent à développer les relations entre les deux
pays. Cependant, le but de Nouvelle Société Helvétique
a toujours été de permettre aux Suisses de se retrouver
entre eux. Elle est ouverte aux Suisses de toutes les catégories
sociales et de tous les ages. Nos fêtes sont organisées en
collaboration avec l’ambassade suisse par laquelle transite aussi
notre correspondance officielle.
LTH:
Est-il facile pour un immigré suisse de venir en Grèce?
C.K:
Actuellement du point de vue légal –sans préjuger de
son statut social– le statut d’un immigré suisse est
identique à celui d’un Africain ou d’un Américain,
dans la mesure où il est considéré comme un résidant
extra communautaire. Cela devrait changer après l’application
des accords bilatéraux avec l’Union Européenne qui
prévoient la libre circulation des personnes et qui ont été
approuvés récemment par le peuple suisse lors du referendum
du 21 mai.
Claire
Vourou
Claire
Vourou est vice-présidente de la Nouvelle Société
Helvétique depuis 20 ans et mariée à un Grec depuis
32 ans. Elle était venue en Grèce pour préparer un
diplôme d’histoire de l’art minoen.
La
Tribune hellénique: A quel moment avez-vous commencé à
fréquenter la Nouvelle Société Helvétique?
Claire
Vourou: J’ai commencé à fréquenter le club
suisse en 1968. A l’époque le club était fréquenté
par des personnes plus âgées et les maris grecs n’étaient
pas acceptés. L’ambiance était différente d’aujourd’hui.
Il y avait des messieurs qui jouaient aux cartes et beaucoup de suissesses
qui travaillaient à Athènes comme gouvernantes. Depuis le
club s’est rajeuni et les statuts ont été modifiés
pour permettre aux conjoints non suisses des membres de le rejoindre.
L’association
a ainsi permis à des Grecs qui ont vécu en Suisse de rencontrer
des gens qui avaient connu une expérience similaire. Des gens avec
lesquels ils avaient donc des affinités. Mon mari en particulier,
a noué des amitiés avec d’autres Grecs qui venaient
au club.
LTH:
Quelles activités votre association organise-t-elle?
C.V:
Nous organisons diverses activités. Entre autres des conférences
avec des thèmes en rapport avec la Suisse.
Chaque
année nous programmons une soirée en l’honneur d’un
canton. En décembre 1999 par exemple Genève était
à l’honneur. Lors de cette soirée cantonale, intitulée
"l’escalade", nous nous sommes réunis dans un grand
hôtel -à cause de dégâts causés au foyer
par le tremblement de terre- et nous avons prévu des sketchs humoristiques
comme cela se fait à Genève. Nous avons aussi dégusté
une soupe à légumes. Enfin nous avons chanté.
Tous
les ans nous organisons une soirée pour les enfants à Noël
comme pour les adultes. Nous mettons sur pied aussi une soirée
de dégustation de fondue où nous acceptons les gens qui
ne sont pas Suisses. En principe elle a toujours lieu à la fin
du mois de mars.
Bien-entendu,
nous invitons aussi beaucoup de monde à l’occasion de notre
fête nationale. Il y a en autres, des Français, des Allemands
et beaucoup de Grecs. Cette fête a toujours lieu dans le jardin
de la résidence de notre ambassadeur.
Cet
événement peut réunir jusqu’à 500 personnes.
Nous invitons pour l’occasion des artistes de Suisse pour divertir
le public. L’année dernière, il y avait un lanceur
de drapeaux. Cette année où nous avons fêté
le 1er Août de façon anticipée nous avons
fait venir un humoriste pour parodier les Suisses en français,
en allemand et en anglais.
En
général, nous organisons des soirées tous les 15
jours. Il y a une soirée de carnaval, des excursions comme le week-end
de ski à Arachova en décembre 1999 et des sorties familiales.
Les
dames suisses-allemandes et suisses-romandes se réunissent séparément
pour boire du café. Nous rendons aussi des visites à des
personnes âgées. Nous participons aussi à des œuvres
philanthropiques conformément à la tradition de notre société.
Par exemple, nous collectons des vêtements pour les réfugiés.
LTH:
Les compagnies suisses s’intéressent-elles à l’association?
C.V:
Les compagnies suisses ne nous oublient pas. Il y a eu une soirée
Swissair où des représentants de notre compagnie nationale
nous ont tenu au courant de ses activités. Récemment, la
société de produits chimiques Novartis a organisé
une exposition sur la biotechnologie au Zappeion. Dans le cadre de cette
manifestation, elle a prévu une soirée spéciale pour
les Suisses. Nous avons bénéficié ainsi d’une
visite guidée et d’un buffet.
LTH:
Quel rôle la langue joue-t-elle dans une association multilingue
comme la votre?
C.V:
Très souvent nous parlons grec avec les Suisses-allemands. Le bilinguisme
n’est pas une obligation statutaire pour accéder aux fonctions
du Comité exécutif mais en pratique sont privilégiés
à ses postes les personnes parlant le français et l’allemand.
Par
Florent Celhay
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