iNFO-GRECE

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L'actualité de la Grèce et de Chypre

Entretien avec le Vice-Premier ministre M. Zaza Ramandimbiarison
Les Malgaches aux JO d'Athènes


J'ai été très attentif sur le comment un pays de la taille de la Grèce a pu faire tout cela en si peu de temps. Cela nous donne à nous un formidable espoir.

Le Madagascar, quatrième plus grande île de la planète, mais pays parmi les plus pauvres, n'avait que 9 athlètes à concourir aux JO d'Athènes, mais sa délégation, son Président Marc Ravalomanana en tête, a tenu à honorer par sa présence le retour des Jeux au pays qui leur en a donné naissance, étant ainsi - ce qui mérite d'être souligné - un des rares représentants de l'Afrique à rang élevé à assister aux JO. L'événement était trop beau, trop grand, unique, pour que le Président du Madagascar cède au chantage qui le voulait rester à la maison s'occuper des problèmes du pays. Convaincu que le développement du Madagascar passe par l'ouverture à l'extérieur, l'assemblée des chefs d'Etat et de personnalités qui se profilait à Athènes était une excellente occasion de multiplier les contacts. L'ampleur des travaux olympiques d'Athènes était aussi une source d'inspiration pour le Vice-Premier ministre, qui a une tâche tout aussi herculéenne à réussir, le redressement de l'économie nationale. Et, le séjour de la délégation malgache à Athènes était à l'image de cette tâche. Un séjour où le souci de l'économie était omniprésent et qui tranche avec les accusations d'une équipe partant en vacances à Athènes dont nous avions eu écho. Mis à part le Président Ravalomanana, qui en tant que chef d'Etat bénéficiait du statu d'invité officiel, nous avons rencontré le Vice-Premier Ministre et le ministre de la Jeunesse et des Sports dans un modeste hôtel familial à proximité du Stade Olympique de Maroussi. Le seul luxe qu'ils s'étaient offerts était d'être accompagnés par leurs épouses. Et, malgré la catégorie B de l'hôtel, l'accueil chaleureux et la qualité de l'environnement et du service pour une telle catégorie feront parti de leurs meilleurs souvenirs de Grèce.

Entretien avec M. Zaza Manitranja Ramandimbiarison
Vice-Premier Ministre du Madagascar, chargé des Programmes Economiques, Ministre des Transports, des Travaux Publics et de l'Aménagement du Territoire

iNFO-GRECE : Cette année les Jeux se déroulent dans un lieu hautement symbolique, dans le pays qui leur a donné naissance. Monsieur le Premier ministre, vous avez accompagné l'équipe olympique de votre pays aux Jeux Olympiques d'Athènes. Qu'est-ce que vous avez à dire à vos athlètes ?


Cérémonie d'ouverture des JO d'Athènes
Zaza Manitranja Ramandimbiarison : Le message est très simple. Un événement olympique rassemble le monde entier. Ce qui est important, c'est la culture de l'esprit olympique, sa capacité dans un monde ouvert à promouvoir la paix.

i-GR : Les Grecs ont voulu donner un caractère exceptionnel à ces Jeux. Vous avez assisté à la cérémonie d'ouverture. Quelles sont vos premières impressions après le spectacle ? et, avez-vous le sentiment qu'Athènes peut constituer un nouveau départ pour les JO, une revalorisation du message olympique ?


L'histoire de la Grèce en une succession de tableuax vivants
ZMR : Il s'agit, sans aucun doute, d'un événement exceptionnel et le spectacle a été absolument à la hauteur de l'enjeu. J'ai beaucoup aimé le slogan des Jeux "Welcome home". C'était fascinant de voir défiler 3000 ans d'histoire au fil des tableaux. On ne pouvait pas ne pas penser en regardant cela à la vie, à la culture, à la civilisation, aux idées que la Grèce a développé, que moi je retiens surtout la liberté et la paix, valeurs vraiment universelles et toujours actuelles. Puis cette présence de la lumière, du feu, de l'eau dans les tableaux sur l'Empire byzantin, la Révolution et la Grèce moderne… Fantastique ! Comme l'utilisation des nouvelles technologies… On est passé d'un monde bi-dimensionnel à la 3D. C'était une cérémonie qui traduit très bien la civilisation de la Grèce, mettant l'Art au centre de la vie ; à travers tous ces tableaux, on lit une image exceptionnelle de l'esprit olympique. Je voudrais à cette occasion exprimer toutes mes félicitations au gouvernement grec et aux organisateurs.

i-GR : En venant quelques jours avant l'ouverture des Jeux et en visitant Athènes et les environs, je suppose qu'en tant que Vice-Premier ministre chargé entre autres des Travaux Publics et de l'Aménagement du Territoire, les traces encore fraîches des chantiers olympiques ne vous ont pas échappé.

ZMR : J'ai étudié l'Histoire de la Grèce au Lycée. Une des choses que j'ai retenues et qui traduit bien à mon avis votre civilisation est cette foi en la réussite. Que lorsqu'on veut atteindre un résultat, on peut. Il y a une volonté manifeste de réussir cet événement, de relever le défi d'un petit pays organisant le plus grand événement de la planète. C'était flagrant en discutant avec les gens ici. Les infrastructures routières, les installations sportives, les rénovations du centre-ville, énormément de choses se sont terminées ces derniers mois qui vont bousculer la vie quotidienne des habitants et donner une nouvelle dynamique.

i-GR : Tout comme la Grèce, le Madagascar est un pays qui mise beaucoup sur le Tourisme pour son développement économique. Quelle est la situation du Tourisme actuellement au Madagascar ?


La cérémonie d'ouverture se termine sur un hymne à la Science
ZMR : Le Tourisme est encore peu développé chez nous. Nous avons un flux annuel de 150.000 visiteurs, essentiellement en provenance de l'Europe. 80% de la population vit encore de l'agriculture. Nous comptons beaucoup sur le programme des Pôles de développement que nous avons mis en place visant à dynamiser aussi bien les activités traditionnelles du café et de la girofle, que la mise en place d'une politique du textile et du secteur minier, tout comme celui des services, dont le tourisme. Nous sommes très attentifs à la qualité du développement touristique en favorisant l'écotourisme, sachant que le Madagascar en plus de ses kilomètres de côtes, a une faune et une flore exceptionnelle qu'il faut absolument préserver, tout en la valorisant sur le plan touristique.


Travaux d'aménagement routier dans la zone portuaire de Faliro, près d'Athènes
Notre visite à Athènes, et la réussite de son pari d'engager des grands investissements malgré l'échelle de son économie est très encourageante pour nous. Athènes ne s'est pas contentée de bâtir un complexe sportif, mais à cette occasion, elle a repensé ses infrastructures, réorganisé sa capitale et fait des travaux qui profiteront à l'économie dans les années à venir. J'ai été très attentif sur le comment un pays de la taille de la Grèce a pu faire tout cela en si peu de temps. Cela nous donne à nous un formidable espoir.

Le Madagascar, depuis 2 ans, a choisi un développement rapide et accéléré qui se traduit par la mise en place d'infrastructures pour les routes, l'amélioration du réseau aéroportuaire pour faciliter le déplacement des hommes et des marchandises. Il faut savoir qu'avec 17 millions d'habitants sur un territoire grand comme la France et la Belgique réunies, notre population est très éparpillée. 50.000 km de routes date de l'indépendance du pays en 1960 et seul 19% était circulable en 2003. La première priorité est donc de désenclaver les régions et de faciliter la circulation. C'est la condition de notre développement. C'est notre challenge.

iNFO-GRECE/AE
Athènes
août 2004

Les remerciements du Président Marc Ravalomanana

Le Conseiller spécial du Président de la République du Madagascar, Henry Lecacheur, nous a transmis la déclaration suivante de M. Marc Ravalomanana :

"Le Président de la République est très satisfait de l'organisation des Jeux Olympiques d'Athènes. Tous les Malgaches qui ont participé ont été très contents. Nous félicitons la Grèce qui a fait quelque chose de grandiose et de technologiquement en pointe. Nous remercions aussi tous les pays participants. Je pense qu'ils vont quitter la Grèce avec le même sentiment que nous. Bravo à la Grèce, à son peuple et au Comité d'organisation des Jeux."


Henry Lecacheur dans les rues de Marousi, près du complexe olympique

Henri François Victor Randianjatovo, ministre de la Jeunesse et des Sports


M. Randianjatovo se prépare pour la visite du Complexe olympique

"Le Madagascar est venu pour honorer les XXVIIe Jeux Olympiques d'Athènes avec beaucoup d'espoirs :

  • Espoir d'assister à des Jeux modernes dans l'amitié des peuples des pays membres du Comité International Olympique ;
  • Espoir de revivre l'Histoire et l'Humanité à travers de l'Histoire des Jeux en passant de 776 av. JC puis 1896 de notre ère avec leur renaissance, et les 1ers Jeux du 3e Millénaire
  • Espoir de revoir l'esprit olympique envahir le monde entier pour réinstaurer la Paix entre les peuples et le fair-play dans les compétitions."




Le Madagascar


Forêt de baobas au Madagascar
Au large de l'Afrique de l'Est, dans l'Océan Indien, le Madagascar est la quatrième plus grande île de la planète, après le Greenland, la Nouvelle Guinée et Bornéo. A 400 km des côtes est de l'Afrique, son isolement a permis le développement d'espères uniques d'oiseau et de plantes. Mais cette position géographique expose aussi l'île à la force dévastatrice des cyclones et des pluies torrentielles, comme celles de 2000 et de 2004.

Les apports évidents d'Indonésie et d'Afrique forment un caractère "malgache" unique, mais l'éparpillement de la population en différentes ethnies, et avec très peu de sources sur l'antiquité de l'île permettent beaucoup de spéculations autant que de mythes sensationnels sur l'origine de l'île.


La réserve naturelle de berenty
Terre aussi de marchands, de négriers et de pirates, les mythes vont aussi être largement nourris dans son histoire plus récente. Au royame de Madagascar qui se formera au début du 18e sicèle, se succédera à la fin du 19e un régime colonial français, parfois assez dur, sous lequel l'île vivra jusqu'à son indépendance en 1960. Elle est passée ensuite sous un régime militaire poursuivant le leurre du paradis socialiste dans les années 70, avant de faire le constat de l'échec et d'accepter le programme structurel imposé par le Fonds Monétaire International.

Le pays est actuellement dirigé par le Président Marc Ravalomanana, un self-made man qui a commencé vendeur de yaourts avant de devenir un riche homme d'affaires et qui, au terme de six mois de bras de fer en 2002 avec l'ancien chef Didier Ratsiraka accroché au pouvoir, est parvenu à faire reconnaître son élection, même si ses amitiés américaines et son origine protestante n'étaient pas du meilleur goût pour le Paris anticlérical. Les liens depuis avec la France où vivent des nombreux Malgaches et avec l'Afrique francophone sont devenus très étroits.

Les malgaches sont à 51% chrétiens (avec un léger avantage pour les catholiques – héritage des missionnaires français - sur les protestants – héritage de britanniques), 47% suivent des croyances traditionnelles (animistes) et 1,7% sont musulmans. La principale langue est le malagasy, mais le français demeure la langue de l'enseignement et des médias.

Les Athlètes malgaches à Athènes
100m haies: Rosa Rakotozafy
110m haies: Joseph Berlioz Randriamihaja
Marathon: Clarisse Rasoarizay
Judo : Naina Cecilia Ravaoarisoa
Boxe : Lalaina Rabenarivo, Jouvin Rakotoarimbelo
Tennis : Dally Randriantefy
Natation : Tojohanitra Andriamanjatoarimanana, Lucky Razakarivony

Le Madagascar sur le Net
Gouvernement : http://www.madagascar.gov.mg
Office du Tourisme : http://www.madagascar-tourisme.com
Comité Olympique Malgache : http://www.madolymp.com

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