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Jeux Paralympiques d'Athènes
La force de la volonté


On ne veux pas que les gens nous regardent avec pitié, notre participation aux Jeux démontre notre volonté d’être indépendants, de nous en sortir grâce à la force de notre volonté.

Avec la fin des Jeux Paralympiques se termine l’été olympique athénien. Après les points marqués par la Grèce dans la réussite des JO, les Jeux paralympiques complètent le succès qui, sans ce terrible accident de car la veille de la cérémonie de clôture qui a coûté la vie à sept jeunes et laissé gravement blésés plusieurs autres, le tableau serait presque idyllique. Ironie du sort les jeunes victimes se rendaient justement aux Jeux paralympiques ; les plus gravement touchés par la collision du car avec un poids lourd, resteront probablement marqués dans leurs corps. INFO-GRECE a rencontré plusieurs athlètes handicapés qui nous ont fait part de leurs impressions des Jeux, du sens qu’ils entendent donner à leur participation aux compétitions olympiques.


En plus du village olympique, la police grecque surveillait jour et nuit les hôtels où exceptionnelement résidaient des athlètes paralympiques.

Nous avons rencontré Bela Hlavackova, à l’hôtel Cybele, à Pefki, dans les banlieues nord d’Athènes, à proximité des installation olympiques. Certains athlètes, qui en raison de leurs handicaps avaient besoin que leur famille reste proche durant les Jeux, étaient autorisés à habiter en dehors du village olympique. Bela jeune maman d’un garçon de 4 mois était accompagnée de son mari qui assurait la garde durant les entraînements et les compétitions de son épouse.


Bela Hlavackova expose avec fierté sa médaille d'or d'Athènes

Dès le 3e jour de la compétition, Bela décrochait la 2e médaille d’or de son pays, aux 50 mètres natation backstroke-S5 arrivée devant la Française Beatrice Hesse médaille d'argent. « Je pense d’abord à mon maris et à mon enfant à qui je dédie cette médaille » elle nous a dit montrant toute fière sa médaille. La Tchéquie présentait une équipe réduite en natation féminine et Bela a eu à défendre les couleurs de son pays dans les cinq distances de la compétition. Après sa médaille d’or elle est arrivée 2 fois quatrième et une fois cinquième. Nous l’avons retrouvé le dernier jour de la compétition et si elle ne cachait pas sa fatigue, son moral était intact. « A quoi pensez-vous maintenant ? » lui demanda-t-on. « A me reposer  et à mettre les pieds sur la table », répondit-elle, non sans ironie, vue que justement elle est paraplégique. Suite à une menangitte elle a perdu la force de ses jambes.


Bela et son mari Stanislav posent avec les correspondants d'iNFO-GRECE

Déjà championne de la natation dans son pays, après sa maladie, elle n’a pas voulu abandonner le sport et elle a continué dans les compétitions spécialisées. « Nous allons essayer d’organiser une compétition internationale de haut niveau à Brno (deuxième ville de la Tchéquie) pour 2005 », nous raconte-elle en guise de projets d’avenir en nous expliquant que le championnat paralympique européen peine un peu à trouver un rythme régulier. La spécificité de l’organisation d’un tel championnat impose à respecter beaucoup de normes et de règles, demande beaucoup d’argent et d’installations spécialisées.


La sécurité irreprochable des JO quant elle est assurée avec le charme irresistible d'Eleni...

« Et l’organisation des Jeux grecs ? » « Parfait, il n’y a eu aucun problème et il y a eu une ambiance superbe », s’enthousiasme Bela. Un petit bémol pour ce qui concerne les transports. Pas tout fait là où quelque pourrait penser, dans l’accessibilité, par exemple. Non ce qui a agaçait Bela c’est que parfois leur car arrive en retard. Vielle habitude grecque à laquelle on finit par se faire. En revanche, l’étroitesse de certains trottoirs dans la ville où les rangées d’arbres qui jettent leur ombrage sur ces trottoirs constituent des problèmes insurmontables pour ceux qui doivent se déplacer en fauteuil roulant, les obligeant parfois à descendre sur la chaussée et à slalomer entre les voitures.


Le jeune Pantelis et son "parrain" sportif Nikos Karagiannis

Des problèmes que Nikos Karagiannis, un discobole grec, cherche à faire prendre en compte par les autorités grecques pour améliorer la vie des personnes handicapées au quotidien. Nikos milite au sein de l’association de l’île de Rhodes. Il accompagner à Athènes Pantelis Giannikoudis, son « protégé ». Pantelis n’a pas réussi à atteindre le niveau au lancer des poids pour faire partie de l’équipe paralympique grecque. Mais il était peut-être le plus heureux des athlètes. Il avait été choisi pour faire partie de l’équipe qui allait porter le drapeau officiel Paralympique au cours de la cérémonie d’ouverture des Jeux .


Pantelis Giannikoulis quitte Athènes pour son île de Rhodes plein de rêves. Il voudrait continuer des études d'informatique.

A 21 ans, c’était pour Pantelis un vrai rêve qui se réalisait, un honneur inespéré. « Ce n’est pas grave si je ne participe pas aux compétitions », nous dit-il. « Tenir le drapeau dans le stade, c’était pour moi une immense joie. Un bonheur. Et puis, ceux qui sont dans les Jeux, ils compètent pour tous les autres. Je serai mentalement avec eux dans les stades. »

Mais qu’est ce qui fait « courir » quelqu’un qui la vie ou la nature ont condamné sur la chaise roulante ? « On voudrait que les gens nous regardent comme égaux », disent-ils de concert Pantelis et Nikos. « On ne veux pas que les gens nous regardent avec pitié, notre participation aux jeux démontre notre volonté d’être indépendants, de nous en sortir grâce à la force de notre volonté. La seule chose que nous demandons à la société ce sont la prise en compte de nos spécificités pour que nous puissions être effectivement indépendants. »

Propos recueillis par
Athanassios Evanghelou
et Anastassios Koutsoukos
Athènes, août 2004