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Rédigé en juin 2000
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Un Grec au Congo :
Les aventures de Paris

par Florent Celhay

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Paris Makriotis, est un de ces aventuriers grecs qui ont tenté leur chance à l’autre bout du monde. Paris a accepté de nous raconter son expérience extraordinaire en Afrique. De retour en Grèce, Paris brûle d’envie de retourner au Congo-Kinshasa (ex-Zaïre), alors qu’il y a été arrêté trois fois depuis l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila.

En effet, si Paris a quelques amis dans le camp de Kabila, il ne cache pas ses sympathies pour l’ancien dictateur Mobutu et reste fidèle à ses amis mobutistes.

Le règne de Mobutu a été pour lui, l’une des meilleures périodes de sa vie: une vie intense, de nombreux amis et des affaires prospères. La guerre déclenchée par Kabila pour conquérir Kinshasa lui laissera un souvenir amer. D’abord, il a été contraint de suspendre son activité: la vente de médicaments. Ensuite, certains de ses amis ont été tués ou arrêtés et d’autres se sont exilés.

Pour lui, le dictateur défunt, avait su garantir une longue période de paix et préserver l’unité du pays actuellement partagé entre des factions rivales.

Quand on lui rétorque que Mobutu était très corrompu, il répond: "Kabila est moins corrompu peut-être. Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, il a amassé un trésor de 850 millions de dollars, déposé sur un compte de la banque Sovic en Afrique du Sud (NDLR: selon des informations parues dans la presse). Pourtant, il s’est présenté comme le libérateur du peuple congolais".

Malgré son hostilité à Laurent-Désiré Kabila, il est très critique vis à vis des trois rebellions qui le combattent: "Ce sont des hommes sans envergure, incapables de renverser Kabila. Comment le pourraient-ils d’ailleurs quand leur seul souci est de piller les richesses minières du pays. Ils ont fait appel à des armées étrangères dont les Congolais ne veulent pas. En permettant par exemple, aux troupes rwandaises de s’installer durablement au Congo, ils ont contribué à ce qu’on doit qualifier d’invasion de leur pays".

La Tribune hellénique: Comment avez-vous décidé de partir au Zaïre?

Paris Makriotis: Un jour, j’ai rencontré à Athènes un ami qui vivait et qui était né au Zaïre. Il m’a proposé de le rejoindre là-bas. "Il y plein d’opportunités au Zaïre " m’a-t-il dit.

Je suis arrivé à Lubumbashi pour la première fois en 1980. Là­bas, j’ai d’abord été hébergé pendant 2 mois par mon ami, ensuite je suis parti à Kinshasa, la capitale.

Sur place, j’ai été engagé par un Grec. C’était un escroc. Il trouvait des gens qui voulaient investir dans diverses affaires comme l’exportation du bois. Il faisait miroiter à ses compatriotes et à des Zaïrois de gros bénéfices. En fait, il leur piquait méthodiquement leur argent. Cependant, il me versait normalement mon salaire de 300 dollars par mois.

Ensuite, j’ai commencé à travailler pour des Grecs qui importaient des voitures de marque BMW. J’étais vendeur de voitures, payé à la commission. Je touchais 3% sur chaque vente. C’est ainsi que je me suis fait des relations. Les riches zaïrois raffolaient de belles voitures. Dans le temps, j'ai sérieusement concurrencé le concessionnaire de Mercedes. Je disais aux Zaïrois que la Mercedes, c’était bon pour les vieux qui avaient besoin d’un chauffeur.

Un jour, un Juif grec de Rhodes est venu me trouver en se plaignant que la BMW qu’il avait commandée tardait à venir. Il réclamait une auto­radio gratuite comme compensation. Mon patron n’était pas d’accord. Finalement, je lui ai offert l’auto­radio sur mes fonds personnels. Il a apprécié et il m’a bien rendu service. Il m’a emmené le gendre de Litho Bundu, l’Haïtien Jean­François David. Ce dernier m’a acheté 5 voitures. J’avais payé 200 dollars pour l’auto­radio et j’avais touché près de 2000 dollars de commissions.  

En 1982, je vendais également des devises étrangères, essentiellement des dollars.

Un jour j’ai été particulièrement malchanceux. Un Libanais m’a refilé un chèque en bois destiné à un commerçant belge. La somme était très importante. J’ai été contraint de donner au commerçant 60.000 dollars et ma voiture pour le dédommager. Je lui devais encore la somme faramineuse de 117.000 dollars pour laquelle j’ai signé une reconnaissance de dettes. C’est ainsi que j’ai préféré partir et je suis retourné à Lubumbashi.


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