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Rédigé en février 2002
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Andrew Athens
Président mondial du Conseil des Grecs de l'Etranger


M. Athens et Mme Tengelidou

Un leader communautaire

Comme beaucoup d'immigrés, Athanassios Aristeidou Thanassoulas doit son nom actuel à l'inspiration du greffier de l'Etat-civil des Etats-Unis qui cherchait un équivalent du nom des étrangers facile à prononcer pour les américains, et ce fut Andrew Athens. "J'ai reçu beaucoup de prix et des distinctions tout au long de ma carrière, mais cette fois je suis particulièrement ému puisqu'il s'agit du premier honneur qui m'est accordée par les Grecs de l'Union Européenne", c'est ainsi que Andrew Athens a remercié la Présidente des Grecs de Bruxelles Jessica Müller-Tengelidou qui venait de le nommer membre honoraire de la Communauté Hellénique des Bruxelles (voir l'album photo de la cérémonie).


A. Athens entouré du CA de la
Communauté Hellénique de Bruxelles

Mme Müller-Tengelidou venait de présenter l'œuvre de celui qui "s'occupe de l'Omogeneia [des Grecs de l'Etranger] depuis plus de 40 ans", en soulignant l'implication personnelle de M. Athens, en tant que Président mondial du Conseil des Grecs de l'Etranger (SAE : Symvoulion Apodimou Ellinismou), dans l'œuvre humanitaire entreprise auprès des communautés grecques des l'ancien block soviétique des pays de l'Est. Comme l'a fait remarquer l'Ambassadeur de Grèce en Belgique Ioannis Kambolis, "M. Athens est non seulement un leader communautaire, mais aussi un combattant de l'Hellénisme et de l'Orthodoxie".


Le Ministre des Affaires économiques de la Belgique et bourgmestre de la commune de St Gilles, M. Charles Pique

Pour sa part, le bourgmestre de la Commune de Saint-Gilles à Bruxelles et ministre des Affaires économiques Charles Pique, accompagné du vice-bourgmestre M. Debouvries et de plusieurs membres de son cabinet, a tenu à rappeler l'intégration exemplaire de la communauté grecque dans sa commune comme dans l'ensemble de la Belgique. Une intégration qui ne se fait pas au dépens de l'identité d'origine, bien le contraire : "on ne peut-pas s'identifier dans une communauté, si l'on ne peut pas s'identifier soi-même", a dit M. Pique.

Des propos qui ne pouvaient qu'être approuvés par les représentants grecs en Belgique où, outre SE l'Ambassadeur de Grèce, on pouvait remarquer SE l'Ambassadeur de Chypre en Belgique, SE l'Ambassadeur de Grèce auprès de l'Union Européenne, MM les Consuls Généraux de Grèce et de Chypre, Mgr le métropolite Panteleimon, plusieurs représentants des communautés grecques en Belgique et des associations régionales ainsi que les Présidents de la Fédération des Communautés grecques de Belgique et de la Fédération des Communautés grecques des Pays-Bas.


Andrew Athens "mon émotion est double"

La sagesse de M. Pique n'a pas empêché l'extrémisme de se manifester, quand un grec a interpellé M. Athens au moment où celui-ci commençait son allocution en… anglais. "En grec, en grec ! tu ne sais pas parler grec ?", a réclamé provocateur le jeune homme soutenu, il est vrai, par un repas dominical arrosé de quelques verres d'ouzo en trop. La rumeur voudrait que "l'américain" Adrew Athens ne lise, ni ne parle le grec. Ce qui, pour certains, est en soi scandaleux et le signe d'une mainmise des américains sur le SAE. M. Athens ne perd pas son sang froid et se justifie que devant une assistance qui comprenait des responsables belges, il serait plus cordial de leur parler en anglais où il aurait plus de chances d'être compris qu'en grec. "Et si vous aviez eu la patience de me laisser terminer mon discours, vous verriez que je parle aussi très bien le grec" a-t-il lancé en grec, à l'attention de son interlocuteur pressé.

La romance d'un soldat américain

Mais M. Athens avait une autre raison plus secrète d'être ému lors de son passage à Bruxelles. Modeste, il n'a rien dit devant le parterre d'officiels qui assistaient à la cérémonie. Un secret qu'il a réservé à iNFO-GRECE lors de l'entretien que nous avons eu avec lui. Normal, puisqu'iNFO-GRECE s'intéresse d'abord aux hommes avant de s'intéresser à leurs fonctions.

Le Conseil des Grecs de l'Etranger
SAE Symvoulion Apodimou Ellinismou
Le Conseil des Grecs de l'Etranger (Symvoulio Apodimou Ellinismou -SAE) est l'organe officiel de représentation de la diaspora grecque, créé par décret présidentiel en 1995. C'est une organisation internationale non-gouvernementale et sans but lucratif dont le siège permanent se trouve à Thessalonique. Quatre bureaux régionaux répartis par continent représentent les Grecs de l'Amérique, de l'Océanie, de l'Europe et de l'Asie et de l'Afrique.

Organe consultatif auprès du gouvernement grec pour les questions concernant la diaspora, le SAE vise plus particulièrement
- à préserver l'identité et l'héritage de la diaspora,
- à promouvoir l'Hellénisme et l'Orthodoxie dans les Affaires internationales,
- à soutenir les organisations communautaires dans le monde
- et à renforcer les liens entre la métropole et les quelques huit millions de Grecs qui vivent dans une centaine de pays, dont 3 millions aux seuls Etats-Unis et près d'un million en Australie. 350.000 Grecs sont en Allemagne et autant au Canada. Dans les pays francophones, la France accueille 35.000 Grecs et la Belgique 25.000.

Le Président du SAE est élu par les délégués des organisations helléniques lors de la Convention mondiale. Andrew Athens est un des fondateurs du SAE et son premier Président, dont le mandat a été reconduit en 2001.

Dans le salon que nous avons improvisé à l'écart de la Salle des Fêtes avec deux banquettes trouvées dans les couloirs de la Maison Communale, M. Athens nous rejoint avec Mme Louisa De Koster, son épouse... belge. Pour une interview, bien entendu, entièrement menée en grec et en prime l'accent américain, d'un côté, l'accent français de l'autre.

"Cette journée est une journée importante pour moi pour deux raisons", nous dit d'emblée M. Athens. "D'abord parce que c'est la première fois que je rencontre les Grecs de Belgique. Ensuite parce que la Belgique est le pays de mon cœur".

"C'est à dire ?", l'interrogeons-nous.

"Ma femme, son origine, est de Belgique. J'étais capitaine dans l'armée américaine. Nous sommes en 1944. Je venais de la France et je devais me rendre à Bruxelles, mais deux de nos soldats étaient absents. Je devais les attendre. J'ai attendu trois heures et quand j'ai passé le check-point en Belgique il faisait nuit. Alors, j'ai frappé à une porte. And here starts the romance story [et ici commence notre histoire d'amour], la maison où j'ai frappé était celle de ma future épouse".


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