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Rédigé en décembre 2011
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De la gymnastique rythmique à la danse contemporaine

Nina Dipla : l'esprit du corps

par Athanassios Evanghelou

Nina Dipla
Photo i-GR/AE

Elle est aujourd'hui une chorégraphe et une pédagogue sollicitée aux quatre coins du monde. Couronnée championne de gymnastique rythmique en Grèce à 16 ans, elle quitte aussitôt le pays pour les routes de l'Europe à la « recherche d'une dimension artistique qui viendrait compléter le sportif » à Lyon, à Düsseldorf, à Cannes et dernièrement à Paris où nous l'avons rencontrée entre un voyage en Amérique Latine et un autre en Italie.

Avril 2011 : Nina Dipla présente Une attraction invisible et Kyma (vague, en grec) au profit des victimes du Japon. La douceur des vagues méditerranéennes pour conjurer la violence du tsunami, alors que ses pas frappent avec force le sol dans une danse qui cherche à venir vainement à bout de la gravité. Un tour, deux tours, trois, quatre, on ne compte plus… Comme dans les danses soufi, la répétition du geste fait disparaître le corps pour laisser libre place au mouvement. Mais on n'est encore qu'au début du spectacle.

Nina Dipla, promenade au bois de Vincennes
(Photo i-GR/AE)

On se retrouvera bien des mois plus tard. Nina rentre du Pérou où elle était invitée à présenter Une attraction Invisible et à animer un stage avec les danseurs locaux. Rendez-vous est pris pour un dimanche après-midi, et, en ce mois de novembre, on laisse la météo décider de l'endroit : s'il pleut, ce sera dans un café du côté de chez moi, dans le centre de Paris ; s'il fait beau, dans ses quartiers. Finalement, l'automne jouant les prolongations estivales nous permet de profiter des derniers rayons de soleil et nous entamons notre conversation au cours d'une promenade au bois de Vincennes.

Je lui rappelle sa performance d'avril que je mets en parallèle avec le rythme frénétique de ses voyages.

N. D. – J'ai commencé à voyager très tôt, avec l'équipe nationale de gymnastique rythmique. Mon premier voyage à l'étranger n'était pas loin de Thessalonique où j'habitais, c'était en Bulgarie. Quand on exige d'avoir un bon niveau dans ce que l'on fait, on cherche les meilleurs professeurs. A l'époque, les pays de l'Est et la Bulgarie en particulier étaient très performants en gymnastique. Les Bulgares figuraient parmi les champions du monde et leurs entraîneurs étaient très réputés.

i-GR – Vous aviez alors 13 ans. Vos parents, comment ont-ils réagi ? Etaient-ils aussi des sportifs ?

N. D. – Mes parents n'avaient aucun rapport avec l'athlétisme. Mon père était policier, ma mère ingénieur des travaux civils. Mais, ils ont vu que j'avais un peu de talent et ont voulu m'aider à progresser. Vous savez… en Grèce, les parents vous laissent faire ce que vous voulez faire ou ils ne vous laissent pas. Il n'y a pas de solution médiane. J'avais la chance d'être dans le premier cas.

i-GR – Vous arriviez quand même à concilier l'activité sportive avec l'école…

N. D. – Comme dans beaucoup de villes, encore aujourd'hui, dans l'enseignement secondaire, on avait école le matin ou l'après-midi. Moi, c'était le matin. Ainsi je pouvais m'entraîner à volonté l'après-midi.

Nina Dipla en compétition au Palais des sports à Thessalonique
La jeune Nina Dipla en compétition
au Palais des sports à Thessalonique.
(Photo DR)

i-GR – Vos camarades de classe, vos professeurs, comment réagissaient-ils quand ils vous voyaient monter dans le championnat national ?

N. D. – Ah, j'étais la mascotte de la classe ! Comme j'étais plutôt menue et j'avais une petite bouille… J'étais de toute façon une bonne élève, alors championne en plus, vous voyez, j'avais la côte ! Ma classe venait souvent me soutenir au Palais des Sports de Thessalonique et dans d'autres compétitions auxquelles je participais.


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