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Rédigé en septembre 2007
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Rencontre avec Georges Stassinakis, fondateur et président
de la Société internationale des Amis de Nikos Kazantzaki

Kazantzaki le Crétois, à la recherche d’une synthèse spirituelle entre l’Orient et l’Occident

par Cassandre Toscani

Georgios Stassinakis
Georges Stassinakis

Il y a cinquante ans, le 26 octobre, disparaissait Nikos Kazantzaki, mondialement connu pour être l'auteur d'Alexis Zorba, immortalisé au cinéma en 1964 par Mihalis Cacoyannis, qui en fit l'inoubliable Zorba le Grec. Mais l'œuvre du grand écrivain crétois est plurielle. Depuis 1988, la Société internationale des Amis de Nikos Kazantzaki s'emploie à la promouvoir. Rencontre avec son fondateur et président, Georges Stassinakis.

i-GR – Depuis vingt ans, vous arpentez le monde sur les traces de Nikos Kazantzaki…

Georges Stassinakis – Oui, pour faire connaître l’œuvre et la pensée de cet écrivain crétois, héritier des poètes de l’Antiquité, témoin privilégié de son temps, et voyageur infatigable. Ses idées sont plus que jamais actuelles. Savez-vous, par exemple, qu’il était un grand amoureux de la nature ? Ecologiste avant l’heure, il fulminait contre ce tourisme qui « défigure le paysage et fait perdre l’âme des peuples ». Kazantzaki est l’une des figures les plus importantes du XXe siècle. On peut tirer de sa pensée un enseignement au quotidien, ainsi que des réponses aux questions qui nous assaillent en cette période de crise des valeurs. Kazantzaki a donné la prééminence à l’esprit, non pas à la religion. Il a recherché et défendu la liberté. Son épitaphe, « Je n’espère rien, je ne crains rien, je suis libre », résume sa philosophie de la vie, intemporelle et universelle.

L'épitaphe de Kazantzaki au Bastion de Martinengo :
« Je n'espère rien, je ne crains rien, je suis libre. »

i-GR – On célèbre cette année le cinquantième anniversaire de sa mort. Pour vous, c’est un événement capital…

G. S. – Nos sections nationales, une centaine à travers le monde, organisent en effet de nombreuses manifestations : lectures de textes, conférences, expositions d’artistes inspirés de ses écrits (lire aussi l’interview de la présidente de la section française, ndlr). Nous avons également organisé des voyages dans les pays où Kazantzaki a séjourné. Depuis que j’ai créé la Société, à Genève, en 1988, avec la participation d’Eleni, son épouse, et celle de Georges Anemoyannis, fondateur du musée Nikos-Kazantzaki, à Varvari-Myrtia, en Crète, l’intérêt du public pour l’œuvre de Kazantzaki va grandissant. Il est traduit en quarante langues, étudié dans les universités américaines et africaines. Grâce à cette commémoration, l’intérêt des Européens s’est renouvelé.

i-GR – C’est pourtant le cinéma qui l’a surtout fait connaître au grand public.

G. S. – Grâce à trois de ses romans : Le Christ recrucifié, dont Jules Dassin s’est inspiré, en 1957, pour Celui qui doit mourir, avec Melina Mercouri et Pierre Vanek ; Alexis Zorba, immortalisé en 1964 par Anthony Quinn dans le film de Mihalis Cacoyannis, Zorba le Grec. Enfin, La dernière tentation, adapté en 1988 par Martin Scorsese, sous le titre La dernière tentation du Christ.


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