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Rédigé en octobre 2004
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Diva du rebetiko et du Laiko
Glykeria : "embrasser notre tradition musicale"

Une interview pour la France ! l'attachée de presse se faisait du souci… Une rencontre serait possible au centre d'Athènes où Glykeria devait se rendre le lendemain, mais Glykeria devait-elle se préparer, se maquiller… le rendez-vous s'annonçait compliqué. Glykeria des couvertures glacées, Glykeria la rembetissa, Glykeria de la scène et Glykeria des pistes de danse, Glykeria la fille du peuple… Finalement, rien de plus simple que de se retrouver chez Eros Music, la maison de production de son mari, à Agia Paraskevi, où la star de la chanson populaire grecque nous reçoit avec un naturel qui vous met aussitôt à l'aise. On sent qu'ici on est en famille. Mari, assistantes, secrétaires, l'accueil est direct et chaleureux. Les derniers rayons de la journée qui pénètrent par les fentes des stores encore baissés pour filtrer la chaleur de l'après-midi, apportent leur petite note dans cette ambiance accueillante. L'absence de strass dissipant le stress, l'interview peut alors commencer.

iNFO-GRECE : Début novembre, vous venez pour un concert unique à Paris, et je crois que c’est la première fois que vous vous produisez en France… comment vous-vous sentez à quelques jours de ce concert ?


Glykeria la rebetissa
Glykeria : Exact ! Il s’agit de mon premier concert en France, c’est la première fois que je vais chanter pour le public français et pour les Grecs qui vivent en France. Je dois avouer que c’est aussi mon premier voyage en France (rires !) C’est un pays que je ne connais qu’à travers des images. Alors comment je mes sens ? Je suis très excitée, d’autant que je suis en train de lire le Code Da Vinci ; alors, je m’imagine déjà en train d’arpenter les couloirs du Louvre. Cela fait des années que je voudrais visiter Paris, et d’y chanter, mais finalement je n’ai même pas été en tant que touriste. J'ai hâte d’y être.

i-GR : Quel répertoire allez-vous présenter à Paris ?

GL : D’abord des extraits de ma discographie… Puis, je vais emprunter claques chansons que j’aime bien aussi bien de rebetika, des chants traditionnels que des œuvres de compositeurs contemporains. Il y en a plusieurs qui s’intéressent aujourd’hui à la musique nationale.

i-GR : Justement, vous vous promenez souvent dans différents genres de la musique grecque. Peut-on chanter de tout ?

GL : C’est une question de possibilités… Les gens m’ont connu au début à travers le rebetiko, mais j’aime aussi bien chanter du moderne, du populaire, du entehno, ou encore du traditionnel. Je suis un peu comme les Grecs qui, selon les moments de la journée, peuvent écouter différents genres de musique.

i-GR : Sur un plan disons professionnel, comment voyez-vous la cohabitation de tous ces genres ?


Glykeria à Sfentona
GL : Notre peuple a des provocations très variées qui lui ont permis à chaque fois de développer un nouveau genre musical. Il vit dans les cités urbaines, dans les villages ruraux, il respire dans la montagne ou au contraire près de la mer, il est ouvert aux influences étrangères, puis à partir des années 50-60, commence un nouveau mouvement avec la musique composée (entehno/artistique). A chaque fois, nous avons un miroir de l’époque et cette élaboration continue jusqu’aujourd’hui. Si quelqu’un se donne la peine d’étudier les différents genres de musique en Grèce, il apprendra en même temps l’histoire du pays.

i-GR : Mais, il y a aussi une production industrielle qui n’est pas le fruit de l’émulation que vous décrivez…

GL : La Grèce vit dans un monde ouvert, la mondialisation touche aussi la création musicale. A travers les médias, nous pouvons voir ce qui se passe partout dans le monde. Alors, il y a des gens qui sautent sur l’occasion, qui veulent s’enrichir en un jour. Ca, je le refuse. Le plus important, pour moi, est de ne pas trahir la tradition de son pays, son identité. C’est très beau de maintenir l’identité de chaque peuple.

i-GR : Et a propos des courants qui sont apparus ces dernières années dans la production mondiale comme la World music, l'Ethnic, qui remettent en quelque sorte la tradition en scène ?

GL : J'ai donné des concerts dans plusieurs pays à l'étranger, aux Etats-Unis, en Australie, en Angleterre, en Suisse, en Belgique, etc., pour nos compatriotes et les amateurs de la musique grecque, mais j'ai chanté aussi en Finlande devant un public exclusivement étranger, ou comme en Israël où j'ai chanté quelques chansons dans leur langue… Je n'ai pas ressenti le besoin d'utiliser une de ces étiquettes pour ma musique. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de gens qui créent des choses intéressantes avec le mélange des ambiances, des emprunts dans les couleurs de chaque pays. Mais je reste sceptique quant je vois apparaître sur scène des personnes que tu te demandes d'où elles sortent, avec une boîte à rythmes et quelques mélodies traditionnelles qu'ils utilisent jusqu'à s'en lasser. Là, aussi je pense que ce sont des modes sur lesquelles surfent certains artistes et producteurs.

i-GR : Ce mobile du gain rapide, et les modes qui en découlent, n’est-il pas en mesure de nuire à la sincérité que vous défendez ?

GL : Je suis très optimiste pour la chanson qui provient du vécu et de l’histoire d’un peuple. Des modes instantanées, opportunistes, ne peuvent pas renverser une histoire millénaire. Parce que tous les genres de musique grecque de qualité, même les plus récents, se rattachent à cette histoire…


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