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Rédigé en mai 2008
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Athènes - New-York AR, escale à Paris

Andreas Voutsinas : les clairs-obscurs de l'Actor's Studio

par Cassandre Toscani

Andreas Voutsinas à l'Atelier

L'homme arbore une carte de visite des plus enviables. Elève puis collaborateur de Lee Strasberg à l'Actor's Studio ; coach de Marilyn Monroe, Jane Fonda, Brigitte Fossey, Jean Reno et de bien d'autres ; metteur en scène, acteur, professeur d'art dramatique, il a monté, en Grèce et en France, quelque 80 pièces de théâtre antique, contemporain et de boulevard. « The ***** Greek », comme l'appelait affectueusement Elia Kazan, intrigue par le mystère dont il s'entoure… Il manie avec aisance les mythes des icônes du cinéma mondial, qu'il a fréquentées, pour créer… son propre mythe. Photographies, dédicaces, affiches, des souvenirs à vous couper le souffle ! Mais, au bout du compte, il ne nous dira pas grand-chose ni de ses rencontres ni de son travail avec les comédiens. Après avoir quitté les Etats-Unis, il s'installe à Paris où il fonde son propre atelier. Le succès est immédiat… A 76 ans, Andreas Voutsinas continue à animer son stage de perfectionnement de l'acteur. C'est à cette occasion que Cassandre Toscani l'a rencontré. Entretien.

i-GR – A chaque printemps, vous assurez, à Paris, un stage d'entraînement et de perfectionnement de l'acteur…

Andreas Voutsinas – Ce stage existe depuis une petite décennie, mais je dispense des cours depuis les années 70 aussi bien à Salonique, au Théâtre national de la Grèce du Nord qu'à Paris, où j'ai créé avec des amis, l'association du Théâtre des cinquante. Mon objectif est de transmettre ce que la vie m'a inculqué et ce que j'ai appris en côtoyant Lee Strasberg. Toutefois, je ne conçois pas une transmission du savoir à sens unique. Le professeur omniscient et l'« élève » passif, prêt à l'imiter, sont un simulacre d'apprentissage. L'échange des connaissances est tellement plus enrichissant.

i-GR – Peut-on parler d'une méthode Voutsinas ?

A. V. – Donner et recevoir sont l’essence même de ma méthode. L’acteur ne doit pas nécessairement être excellent, il doit être capable de prendre le meilleur de l’auteur et du metteur en scène, pour ensuite, donner, à son tour, le meilleur de soi. Rien ne peut être obtenu sans son assentiment ; il ne se résume pas à être l’instrument du metteur en scène, mais marquer le rôle, petit ou grand, de son empreinte personnelle. Ce qui m’intéresse tout particulièrement est de décortiquer le cheminement choisi par l’acteur pour interpréter un rôle afin de mettre en évidence ses erreurs et de les lui faire corriger. Quand il trébuche, l’acteur ne doit pas ignorer l’obstacle ou s’y arrêter vainement, il doit savoir revenir sur ses pas, démonter un geste, reprendre une nuance dans le texte, et, enfin, examiner le tout attentivement. J’insiste sur le doute qui débouche sur un sentiment de peur, sensation capitale pour progresser dans la conscience de soi.

Des images plein les murs… Andreas Voutsinas évoque ses souvenirs.

i-GR – Vous avez travaillé à l’Actor’s Studio, alors que Lee Strasberg en était le directeur.

A. V. – Entré dix ans après sa fondation, en 1957, j’y suis resté vingt-sept ans. L’Actor’s Studio était un creuset d’expérimentation, un lieu de liberté pour les acteurs professionnels qui n’existait nulle part ailleurs.


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