Theodorakis, Mikis

Mikis Theodorakis (Μίκης Θεοδωράκης) est un compositeur grec qui a marqué la deuxième moitié du 20e siècle. Il a mis en musique et rendue populaires les vers des plus grands poètes de la Grèce.

Engagé politiquement autant qu'indépendant des lignes dictées par les partis, il a accompagné par sa résistance à toute forme d'endoctrinement et par ses prises de position la vie politique du pays. Sa grande popularité, son opposition d'abord aux nazis durant la seconde guerre mondiale puis aux militaires, qui, en 1967, s'étaient emparés du pouvoir en Grèce, en ont fait un mythe dès son vivant.

Mikis Theodorakis est né le 29 juillet 1925 à Chios de parents crétois. Son enfance est partagée entre diverses villes de province en Grèce, Mytilène, Ioannina, Kefallonia, Pyrgos, Patras et surtout Tripolis où il donne son premier concert. C'est là aussi qu'il entre pour la première fois en résistance contre l'occupation germano-italienne. Lors d'une grande manifestation le 25 mars 1943, il est arrêté par les Italiens et torturé. Il s'en échappe et, arrivé à Athènes, il s'engage dans le Front de Libération Nationale (EAM) tout en entreprenant des études au Conservatoire d'Athènes. Après la Libération, la guerre civile éclate. Theodorakis connaît la clandestinité, la déportation, la maladie….

En 1954, muni d'une bourse d'études, il s'installe à Paris où il s'inscrit au Conservatoire dans la classe d'Olivier Messiaen et d'Eugène Bigot. De 1954 à 1960, il compose de nombreuses œuvres de musique symphonique et de musique de chambre. En 1960, il revient en Grèce. La mise en musique de l'Épitaphe de Yannis Ritsos, marque son "retour" à la chanson populaire. Il compose par dizaines des cycles de chansons tandis qu'avec le Petit Orchestre Symphonique d'Athènes il parcourt la Grèce et donne de nombreux concerts. Theodorakis est élu Président des "Jeunesse Lambrakis" un important mouvement progressiste qui se crée en la mémoire du député de la gauche Grigoris Lambrakis, assassiné en 1963. À la même époque, il est élu comme Député de l'EDA [Gauche Démocratique Unifiée].

Le coup d'Etat militaire le 21 avril 1967, pousse Theodorakis à nouveau dans la clandestinité. Il est arrêté en août de la même année. Il connaît les cellules d'isolement, la prison, puis, suite à une grève de la faim, il est désincarcéré et mis en résidence surveillée avec sa famille à Zatouna en Arcadie, puis à Oropos. Il ne cesse jamais de composer. Ses partitions, il parvient, par différents moyens, à les envoyer à l'étranger, où elles sont chantées par Maria Farandouri et Melina Mercouri. Son état de santé se détériore gravement. Des personnalités comme Dimitri Chostakovitch, Arthur Miller, Laurence Olivier, Yves Montand et d'autres créent des comités pour sa libération. Les militaires au pouvoir cèdent sous la pression, Theodorakis est enfin relâché et il se retrouve à Paris en avril 1970. À l'étranger, il consacre tout son temps à des tournées de concerts dans le monde entier, des rencontres avec des chefs d'État et des personnalités, des interviews, des déclarations sur la chute de la dictature et le rétablissement de la Démocratie en Grèce.

Avec le rétablissement de la démocratie en 1974, Theodorakis rentre au pays où ses concerts réunissent des foules jamais connues jusqu'ici. Parallèlement, il milite pour la paix et l'amitié greco-turque ; il est élu député mais, par deux fois, il démissionne ; nommé Ministre d'État, il démissionne également. En 1990, il dirige une série de 36 concerts dans toute l'Europe sous l'égide d'Amnesty International. Mikis Theodorakis a écrit pour tous les genres de musique: opéras, musique symphonique, musique de chambre, oratorios, ballets, musique sacrée pour chœurs, musique pour le drame antique, pour le théâtre, pour le cinéma, chanson populaire. Il a aussi écrit de nombreux livres, qui ont été traduits en plusieurs langues.

L'oeœuvre de Mikis Theodorakis est indisociable de son parcours citoyen. Ainsi peut-on la présenter selon les différentes périodes de sa vie. 1

  • 1950-1960. Jeunesse et études à Paris marquées par la musique classique : Trio pour piano, violon, violoncelle ; Sonatines ; Πρώτη Συμφωνία (Symphonie n° 1) ; Ζωή και θάνατος (La vie et la mort) ; Οιδίπους Τύραννος (Oedipus Tyrannos) ; Ελληνικό καρναβάλι (Carnaval grec) ; Αντιγόνη (Antigone) ; etc.
  • 1960-1970. Retour en Grèce et influence de la musique byzantine et populaire : Αρχιπέλαγος (Archipel) ; Λιποτάχτες (Les déserteurs) ; Επιτάφιος (Epitaphe) ; Άξιον Εστι (Axion Esti) ; Mauthausen, Η μπαλάντα του νεκρού αδερφού (La ballade du frère mort) ; Zorbas ; etc.
  • 1967-1974. Période des colonels et exil(s) : Τα λαϊκά (Laïka) ; Κατάσταση πολιορκίας (Katastasi poliorkias / Etat de siège) ; Τα λιανοτράγουδα (Lianotragouda / Chansons de la patrie amère, de Yannis Ritsos) ; Canto General (poésie de Pablo Neruda) ; musique pour le film de Costas Gavras "Z".
  • 1974 et après. Rétablissement de la démocratie en Grèce : Τα λυρικά (Les lyriques) ; τα ποιητικά (poétiques) ; Ορέστεια (Orestie, théâtre) ; Ιφιγένεια (Iphigénie, cinéma) ; Canto Olympico, Ερημιά (Erimia/Désert, Solitude), Οδύσσεια (Odyssée)
  • 1. D'après les biographies de Guy Wagner et des éditions Romanos
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