Christos Anesti - salutation pascale grecque

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La descente chez Adès - icône 47,2x62cm, artiste anonyme à Constantinople, fin XIVe s. Collection Institut hellénique de Venise
La descente chez Adès - icône 47,2x62cm, artiste anonyme à Constantinople, fin XIVe s. Collection Institut hellénique de Venise
Christos Anesti par la chorale du monastère de Vatopedi au Mont Athos

Christos Anesti ! (en grec Χριστός Ανέστη) est la salutation que les chrétiens orthodoxes, ainsi que les autres églises chrétiennes de rite byzantin, s'échangent pendant les quarante jours qui suivent la Résurrection de Jésus, c'est à dire de la Pâque jusqu'à l'Ascension. Pendant cette période le Christos Anesti remplace quasiment le « bonjour » ! Christos Anesti signifie « Le Christ est ressuscité ! » On y répond Alithos Anesti ! (en grec : Αληθώς Ανέστη, soit « En vérité il est ressuscité ! »)

L'expression provient des premiers mots du tropaire de l'hymnographe byzantin Roman le Mélode (en grec : Ρωμανός ο Μελωδός, 493-555 ap. J.-C.) qui annonce la Résurrection de Jésus. A la messe de minuit, du samedi vers le dimanche de Pâque, le pope vient à la rencontre des fidèles et annonce la Résurrection avec ce tropaire, que les fidèles reprennent en cœur trois fois :

En grec Translittération Traduction
Christos Anesti
Χριστός ανέστη εκ νεκρών
Θανάτω θάνατον πατήσας
Και τοις εν τοις μνήμασι
Ζωήν χαρισάμενος

Christós anésti ek nekrón
Thanáto thánaton patísas
Kai tois en tois mnímasi
Zoín charisámenos

Le Christ s'est levé des morts
Par la (sa) mort, la mort il a piétiné
Et à ceux dans les tombeaux
La vie leur en faisant grâce

Après cette annonce, chacun embrassera son voisin en échangeant du « Christos Anesti / Alithos Anesti », tandis que les plus jeunes improviseront des feux d'artifice. Dans certaines régions en Grèce cela peut prendre des alures de véritables batailles de feu de bangale entre bandes rivales. 

Auparavant, le prêtre aura transmis la Lumière Sainte à ses fidèles en les invitant à Defte lavete fos (en grec : Δεύτε λάβετε φως, c'est-à-dire « Venez recevoir la Lumière », ce qui provoque en général une joyeuse bousculade puisque chacun s'empressera d'y allumer son cierge, sa lambada. La Lumière Sainte, ou autrement dit le Feu Sacré,  arrive droit de Jérusalem le matin par avion à Athènes où elle est reçue avec les honneurs de chef d'Etat ! Il y a de quoi puisque c'est par miracle qu'elle s'allume chaque année dans le Saint-Sépulcre, la chapelle qui abrite le Tombeau du Christ. Cette flamme, chacun tentera de la préserver jusqu'à la maison où on tracera une croix avec la fumée de la flamme sur l'épistyle de la porte d'entrée, puis on allumera les chandelles de l'eikonostasion, le mini-temple familial.

La soirée pascale se terminera avec la famille réunie autour d'une magiritsa, une soupe à base d'entrailles d'agneau, et enfin on cassera les premiers neufs rouges en s'échangeant de nouveau « Christos Anesti / Alithos Anesti ». Le plus chanceux s'en sortira avec l'œuf intact au terme d'une compétition qui consiste à briser l'œuf des autres en cognant les deux extrémités. Au lendemain, dimanche des Pâques, la nouvelle journée commencera avec les préparatifs de la souvla (broche) et le psissimo (rôtissage) de l'agneau.

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