Grèce, un retour sur les marchés périlleux

A compter du 21 août 2018, la Grèce devra se financer intégralement sur les marchés financiers. Un défi lourd d'incertitudes.

Le plongeon dans le grand bain se rapproche. Après huit années passées sous perfusion financière, la Grèce devrait sortir des services d'urgence en août prochain. Elle devra alors se financer intégralement sur les marchés financiers et continuer à rembourser sans l'aide de ses créanciers une dette colossale de 176 % du PIB. Si le principe en est aujourd'hui acquis, les modalités de la sortie de son programme sont encore floues.

Une réserve de précaution

A l'instar du Brexit, la sortie pourra être « dure » ou « douce ». Dans le premier cas, la Grèce reviendrait sur les marchés sans aucun filet de sécurité en cas de remontée massive des taux de refinancement. C'est la solution la plus risquée et la moins probable. C'est donc vers une sortie en douceur que l'on s'oriente. L'idée des créanciers et de la Grèce est d'« accumuler, d'ici août 2018, une grosse réserve de précaution de 12 à 15 milliards d'euros dans laquelle elle pourrait puiser ensuite si le pays rencontrait des difficultés pour emprunter sur les marchés », explique Eric Dor, professeur d'économie.

Une enveloppe à moitié consommée

Cette réserve sera constituée d'une partie des fonds non utilisés du 3e plan d'aide, qui n'a consommé que 40,2 milliards d'euros sur les 86 milliards destinés à la Grèce. A ces quelque 9 milliards, Athènes ajouterait entre 3 et 6 milliards, dont une partie viendrait de l'excédent de ses comptes publics et le solde des emprunts qu'elle compte faire d'ici à l'an prochain.

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