Le miracle grec

Un balcon genevois exposé plein sud serait-il capable de sécher un poulpe au soleil? © DR

Un balcon genevois exposé plein sud serait-il capable de sécher un poulpe au soleil? © DR

La Grèce est un drôle de pays, se dit-on à l'heure de le quitter. C'est-à-dire au minimum une fois par an, toujours la mort dans l'âme et bercé de l'illusion que notre balcon genevois, exposé plein sud, sera parfaitement capable de sécher un poulpe au soleil.

La Grèce est un drôle de pays qui, après avoir jeté les bases de la civilisation et de la philosophie, ne semble plus produire grand-chose depuis environ trois mille ans. Hormis bien sûr quelques olives, de gros bateaux exemptés d'impôts, la moitié des médecins des HUG, la moitié de Pascal Broulis et mon prénom. A y regarder de plus près pourtant, la Grèce produit jour après jour un philtre aux vertus magiques: la Grèce elle-même.

Une épiphanie simultanée

Prenez Patmos, presque au hasard. Une île du Dodécanèse dont je parle avec d'autant plus d'aisance que je n'y ai jamais mis les pieds. Jean l'évangéliste y a écrit l'Apocalypse. Et Emmanuel Carrère ses meilleurs romans. Mais le miracle est ailleurs: Patmos est devenu l'impossible dénominateur commun entre Josef Zisyadis et Charles Pictet. Si, si, je vous l'assure: le communiste y cultive éperdument la vigne et le banquier privé en a passionnément...

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